29 février 2008

Lettre ouverte à tous ceux qui s'évertuent à diaboliser le MoDem

*Paris, Marseille, le 27 février 2008*

Par Jean-Luc Bennahmias, membre du bureau exécutif national
du Mouvement démocrate, Jacques Maret, et Raymond Pronier,
délégué national du Mouvement Démocrate

 

De jour en jour, on découvre dans les médias des propos de vieux
camarades de gauche qui nous laissent pantois. Un concours
semble lancé pour savoir qui récusera avec le plus de véhémence
toute perspective d’accord même local avec ce Mouvement
Démocrate de tous les péchés.
On comprend certes l’affolement de ces papillons toujours attirés
par les lumières trotskistes. Mais nombre d’autres, que nous avons
connus plus pragmatiques et mieux inspirés se lancent aussi dans
cette croisade contre ce nouvel empire du Mal centriste.
François (Hollande) et Stéphane (Le Foll) on vous a bien entendu
vous emporter contre la «tambouille » du MoDem. *On vient
même de voir exclure du PS un Alain Ramos coupable dans sa
ville (celle de Marie-George Buffet), de vouloir, en alliance avec
le MoDem, remettre un peu de démocratie après 60 ans
sans alternance. *
Tremblant à l’idée « que la droite ne revienne (…) à Paris dans les
bagages de Delanoë » on t’entend, toi Denis (Baupin) agiter le
Mouvement Démocrate comme un chiffon rouge… et *chemin
faisant prôner le fameux « 100% à gauche » cher depuis des
lustres à la Ligue communiste révolutionnaire.*
Et, si on t’écoute Noël (Mamère), le PS aurait aujourd’hui à
faire le choix cornélien entre l’écologie (les Verts) et la droite
(le MoDem). Bigre.
Un tel déferlement nous a presque troublé ! Après des décen-
nies passées à gauche et chez les Verts, ne nous serions-nous
pas engagés (par cynisme ou inconscience qui sait) dans une
de ces incroyables dérives qui à la fin des années trente
amenèrent nombre d’hommes de gauche dans les bras de
la collaboration ? En décidant d’adhérer au Mouvement
Démocrate n’aurions-nous pas franchi la frontière qui sépare
le Bien du Mal en politique. N’aurions-nous pas jeté d’un coup
notre conscience écologiste par-dessus bord?
On a beau avoir fait et refait depuis plusieurs jours notre examen
de conscience politique, nous n’avons trouvé aucun crime
sur notre route. Pas même un petit délit. En revanche, il nous
semble que vous, nos amis de gauche, devriez revenir sur terre,
regarder le monde en face et cesser de vous laisser impressionner
par la popularité de Besancenot. Si non, vous risquez fort de
connaître les déboires qu’a connus cette droite qui courrait après
le Front national.
La zone de protection que vous tentez de dresser aujourd’hui
autour du MoDem est tout de même étonnante quand on voit,
combien depuis bientôt un an, de Kouchner à Attali, a tangué
la gauche.
Mais ceci explique peut-être cela. Soyons donc bon prince.
Au fond, on pourrait presque comprendre ce déferlement
d’hostilité contre le Mouvement Démocrate…
Reconnaissons-le, le MoDem est un objet étrange, une sorte d’OVNI
et en général en politique on n’aime guère voir bouger les règles
de ses petites batailles navales. Jusqu’à ce que la réalité devienne
incontournable, on préfère rester sourd aux bruits d’un monde qui
change que d’entendre des vérités qui dérangent.
On a l’impression que nombre d’entre vous, nos vieux amis de gauche,
restez comme figés dans le fétichisme des mots. Se dire « de gauche »
serait comme une sorte de Sésame. Qui prononce le mot fétiche,
qui se proclame « gauche », est de « de la famille ». Ce quelles que
soient les conneries proférées, le ridicule de certains mythes ou
les crimes jamais dénoncés. Qui en revanche viendra de la droite
sans se rouler dans la cendre, devra en revanche et pour l’éternité
resté voué aux gémonies… Quand au traître qui cessera de faire
du mot « gauche » une religion, il devra être poussé aux enfers.
Qui n’est pas avec nous est contre nous ! Décidemment les bons
vieux réflexes staliniens ne semblent pas complètement morts !
François Mitterrand qui venait de la droite (et vu là d’où il venait,
François Bayrou est un quasi gauchiste) a conquis le Parti socialiste
en se gorgeant de mots (« Le peuple de gauche»; «la gauche»,
«le socialisme»; «l’union de la gauche»…) pour en deux ou trois ans
faire ensuite s’effondrer les piliers du Temple. Un quart de siècle
s’est écoulé depuis. La bonne vieille socialdémocratie s’est usée
un peu partout en Europe. Le mur de Berlin s’est effondré.
La géopolitique est bouleversée. Les ressources s’épuisent et la
planète va de plus en plus mal. N’empêche, à vous entendre,
on a la triste impression qu’il faudrait toujours psalmodier les mêmes
mots et toujours penser avec les concepts vieux d’un siècle et demi
pour être dans le bon camp…
François Bayrou ne se paye pas de mots et ne se roule pas dans
la cendre pour séduire la gauche mais parfois, il nous arrive de
rêver que vous, nos vieux amis de gauche, écologistes ou non,
écoutiez vraiment ce qui se passe dans cet OVNI qu’est le
Mouvement Démocrate.
Y sont arrivés par milliers des hommes et des femmes de trente ou
quarante ans qui bien souvent ont fait leur preuve ailleurs et
ne se payent pas de mots : des gens pragmatiques qui veulent vraiment
faire bouger les choses.
Ils n’étaient pas à Malville, mais ils sont nés avec l’écologie et l’exigence
d’un développement durable est pour eux une évidence.
Nés Européens, ils veulent davantage d’Europe mais ne sont pas
aveugles devant ses dérives et ses insuffisances.
Catholiques, juifs, musulmans ou athées, ils ont la laïcité à la française
chevillé au corps et sont à fond contre Sarkozy quand le Béarnais
Bayrou dénonce « le retour qu’on croyait impossible en France,
du mélange entre l’Etat et la religion ».
Sortis de BEP ou de Polytechnique, ils veulent une éducation de
qualité pour le plus grand nombre.
Employés ou ingénieurs, ils ne supportent pas la dictature de la finance
et veulent de la justice sociale.
Venus de familles de droite ou de famille de gauche, ils exigent
davantage de démocratie et ne supportent pas les dérives de Nicolas
Sarkozy, son pouvoir personnel sans cesse plus pesant, ses insultes,
son manque de tenue, les retours de la Cour, le mélange insupportable
des genres et ses tentatives de mainmise totalitaire sur les médias.
Vous le voyez le Mouvement Démocrate est vraiment peuplé
de «réacs » !
François, Stéphane, Denis, Noël, libre donc à vous de diaboliser
le MoDem, de monter en épingles quelques contre-exemples pour
jeter le bébé avec l’eau du bain, mais ce qui se dit, se pense et
s’applaudit au MoDem ce n’est vraiment pas « la Droite » de toutes
vos angoisses.
Comme l’a redit récemment François Bayrou à la Maison de la Chimie
« Le temps viendra assez vite où la question sera celle de la
reconstruction d’un projet national » un projet où se rassembleront
« des forces de gauche, des forces du centre démocratique et la
partie la plus consciente de la droite républicaine ».
Entre cette perspective, entre le sérieux mendésiste d’un Bayrou
et les numéros de charmeurs de serpents guévaristes, les gens
comme vous, de la gauche de gouvernement ont le choix. On espère
vraiment que vous ferez le bon. Rendez-vous déjà le 9 mars au soir.
Jean Luc Benhamias, Jacques Maret, Raymond Pronier

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